Le cancer maxillaire, également connu sous le nom de cancer de la mâchoire supérieure, est une maladie rare qui affecte les os de la mâchoire supérieure. Il représente environ 1% de tous les cancers de la tête et du cou. La détection précoce de ce type de cancer est essentielle pour obtenir un meilleur pronostic et augmenter les chances de guérison.
Anatomie de la mâchoire supérieure
La mâchoire supérieure, ou maxillaire, est un os pair situé au centre du visage. Elle participe à la formation du palais, des orbites et du nez, et joue un rôle essentiel dans la mastication, la parole et l'apparence. Elle abrite également les dents supérieures.

Types de cancers maxillaires
Plusieurs types de cancers peuvent affecter la maxillaire, les plus fréquents étant :
- Carcinome épidermoïde : Ce type de cancer, le plus courant, se développe à partir des cellules de la peau qui tapissent l'intérieur de la bouche. Il représente environ 90% des cancers maxillaires.
- Carcinome adénoïde kystique : Ce cancer se développe dans les glandes salivaires situées dans la mâchoire supérieure. Il représente environ 5% des cancers maxillaires.
- Sarcomes : Moins fréquents mais plus agressifs, ces cancers affectent les tissus conjonctifs de la mâchoire supérieure. Ils représentent environ 3% des cancers maxillaires.
- Mélanomes : Ces cancers se développent à partir des cellules pigmentaires de la peau et peuvent se propager à la maxillaire. Ils sont relativement rares.
Symptômes précoces du cancer maxillaire
Les symptômes du cancer maxillaire peuvent varier en fonction de la taille et de la localisation de la tumeur. Cependant, certains signes peuvent indiquer un problème et doivent être surveillés attentivement.
Symptômes buccaux
- Douleur ou sensibilité dans la mâchoire supérieure, qui peut irradier vers l'oreille ou le visage.
- Gonflement ou épaississement de la gencive, de la joue ou du palais, qui peut rendre difficile la mastication ou la parole.
- Engourdissement ou picotements dans les dents ou la lèvre supérieure, qui peuvent être ressentis comme un engourdissement ou une sensation de fourmillement.
- Saignement de la gencive ou du nez sans cause apparente.
- Difficulté à mâcher ou à avaler, due à la présence de la tumeur ou à l'inflammation.
- Mobilité dentaire inexpliquée, qui peut être un signe de destruction osseuse causée par le cancer.
- Ulcérations persistantes dans la bouche qui ne guérissent pas, pouvant être un signe d'infection ou de croissance tumorale.
- Modifications du goût ou de l'odorat, pouvant être causées par l'atteinte des nerfs sensoriels.
Symptômes extra-buccaux
- Gonflement des ganglions lymphatiques du cou, qui peut être un signe de propagation du cancer.
- Douleur à l'oreille ou au visage, qui peut être causée par l'atteinte des nerfs.
- Déformation du visage, qui peut être causée par la croissance de la tumeur.
- Problèmes de vision, qui peuvent être causés par la compression des nerfs optiques.


Il est important de noter que ces symptômes peuvent également être causés par d'autres affections bénignes. Si vous remarquez l'un de ces symptômes, il est crucial de consulter un dentiste ou un médecin pour obtenir un diagnostic précis.
Facteurs de risque du cancer maxillaire
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un cancer maxillaire. Les plus importants sont :
- Tabagisme : Le tabagisme est un facteur de risque majeur pour le cancer maxillaire. Les fumeurs ont deux à quatre fois plus de risques de développer cette maladie que les non-fumeurs. Le tabagisme passif augmente également le risque.
- Consommation d'alcool : La consommation excessive d'alcool est également un facteur de risque important. La combinaison du tabagisme et de l'alcool augmente encore le risque de cancer maxillaire.
- Exposition à des substances cancérigènes : Le contact prolongé avec des substances comme l'amiante, la poussière de bois, le radon et certains produits chimiques utilisés dans l'industrie peut augmenter le risque de cancer maxillaire. Un tiers des cancers maxillaires sont liés à l'exposition professionnelle à ces substances.
- Infection par le virus du papillome humain (HPV) : Certaines souches du HPV peuvent être associées à un risque accru de cancer maxillaire, en particulier le cancer oro-pharyngé. Le HPV est responsable d'environ 70% des cancers oro-pharyngés.
- Antécédents familiaux de cancer : Avoir des membres de sa famille atteints de cancer de la mâchoire supérieure peut augmenter le risque personnel. 10% des cancers maxillaires ont une composante génétique.
- Âge et sexe : Le cancer maxillaire est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. L'âge moyen du diagnostic est de 60 ans .
En évitant les facteurs de risque modifiables, comme le tabagisme et la consommation excessive d'alcool, vous pouvez réduire votre risque de développer un cancer maxillaire. Adopter un mode de vie sain, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, est également recommandé.
Diagnostic du cancer maxillaire
Le diagnostic du cancer maxillaire repose généralement sur une combinaison de méthodes d'examen :
- Examen clinique de la bouche : Le dentiste ou le médecin examinera attentivement la bouche à la recherche d'anomalies, de gonflements ou de changements de couleur de la gencive.
- Radiographies dentaires : Des radiographies de la mâchoire supérieure peuvent révéler des anomalies osseuses, comme des destructions osseuses ou des masses tumorales.
- Tomodensitométrie (scanner) : Cette technique d'imagerie permet d'obtenir des images détaillées des os de la mâchoire supérieure, permettant de visualiser la taille et l'étendue de la tumeur.
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : L'IRM permet d'obtenir des images plus précises des tissus mous, ce qui peut aider à identifier la présence de tumeurs et à déterminer leur étendue.
- Biopsie : Un petit échantillon de tissu est prélevé pour analyse au microscope afin de confirmer la présence de cellules cancéreuses et de déterminer le type de cancer.
Un diagnostic précoce est crucial pour un traitement plus efficace. Plus le cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées. Les traitements sont plus efficaces lorsqu'ils sont administrés à un stade précoce de la maladie.
Traitement du cancer maxillaire
Le traitement du cancer maxillaire dépend du type de cancer, de sa taille et de son étendue, ainsi que de l'état général de santé du patient. Les principales options de traitement comprennent :
- Chirurgie : La chirurgie consiste à retirer la tumeur et les tissus adjacents. Il s'agit du traitement principal pour la plupart des cancers maxillaires. La chirurgie peut impliquer l'ablation de la tumeur et de la mâchoire supérieure, suivie d'une reconstruction osseuse.
- Radiothérapie : La radiothérapie utilise des rayons X pour détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être utilisée seule ou en combinaison avec la chirurgie. La radiothérapie peut être administrée avant ou après la chirurgie, en fonction du type et du stade du cancer.
- Chimiothérapie : La chimiothérapie utilise des médicaments pour tuer les cellules cancéreuses. Elle peut être utilisée seule ou en combinaison avec la chirurgie et/ou la radiothérapie. La chimiothérapie est généralement administrée par voie intraveineuse.
- Thérapie ciblée : La thérapie ciblée utilise des médicaments qui ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses. Ces médicaments agissent en bloquant les voies de signalisation cellulaire qui permettent aux cellules cancéreuses de se développer et de se propager. Les thérapies ciblées sont souvent utilisées en combinaison avec la chimiothérapie.
Après le traitement, un suivi régulier est nécessaire pour détecter une éventuelle récidive. Les examens de suivi peuvent inclure des examens cliniques, des radiographies, des scanners ou des IRM.
Le cancer maxillaire est une maladie grave, mais avec un diagnostic et un traitement précoces, les chances de guérison sont bonnes. Si vous présentez des symptômes évoquant un cancer maxillaire, il est primordial de consulter un professionnel de santé dès que possible. Un diagnostic précoce peut faire la différence et permettre de mettre en place un traitement adapté pour améliorer les chances de guérison.